Méthodes de travail

Interview : Jon Rimmer connecte les fans dans les stades

Créer des application mobiles et des expériences de partage de données pour les fans de football n’est pas chose aisée. Il faut prendre en compte les fans agités qu’il faut calmer mais aussi les hommes d’affaires derrière les clubs. S’ajoute à cela, le défi technique d’essayer de partager des données les jours de matchs mouvementés lorsque les réseaux sont déjà saturés tout en restant pertinent dans un brouhaha médiatique. Non, ce n’est pas un jeu d’enfant.

Cependant, aucunes de ces contraintes n’a gêné Jon Rimmer. Avant que son entreprise ait du succès, il s’intéressait davantage à la collecte de vieux emballages de chewing-gums qu’à la dernière recrue de l’équipe de Brighton & Hove Albion. Jusqu’à ce son collègue ait une idée brillante et qu’ InCrowd ne voit le jour.

Pourquoi avez-vous choisi une carrière autour de l’expérience utilisateur (UX) et l’interface utilisateur (IU) ?

J’ai travaillé dans un département du gouvernement où ils avaient les plus gros livres que j’ai jamais vu. Ces livres étaient de la taille d’un bureau et contenaient tous les dossiers financiers pour les projets routiers locaux, comme le M25. L’introduction des ordinateurs dans cet environnement au début des années 1990 a été vécu comme un choc pour les utilisateurs et on m’a confié la mission d’écrire le guide d’utilisation de ce nouveau système. C’est à ce moment là que je me suis rendu compte du gap qui existait entre la technologie et les compétences des utilisateurs.

Ensuite, pendant mes études au début des années 1990, je me suis intéressé à l’impact d’internet sur les individus. Cela s’appelait la "cyber psychologie" à l’époque et j’ai décidé d’approfondir mes connaissances sur le sujet. C’est alors que j’ai suivi un cours de troisième cycle sur "l’interaction homme-ordinateur" qui est l’étude du comportement autour de la technologie. A l’époque, le sujet n’en était qu’à ses balbutiements.

Et comment l’idée de lancer InCrowd vous est-elle venue ?

L’idée est venue de mon collègue Ian, qui à l’époque, était un grand fan de football. Un jour, alors qu’il regardait son équipe Arsenal jouer en Ligue des Champions à Allianz Arena en Allemagne, il a pris un selfie. Mais il n’a pas pu l’envoyer à cause du réseau saturé dans le stade. Il s’est donc dit que, de nos jours, nous devrions être en mesure de partager des photos depuis des événements sportifs majeurs.

On était persuadé que l’on pouvait trouver une solution, une sorte de réseau pour les fans pour partager la connexion au lieu de s’en priver. Et c’est ce qui a poussé le projet dans un premier temps.

Comment avez-vous transformer cette idée en business ?

Un des mes amis à l’université de Sussex disposait d’un financement du gouvernement pour conduire des recherches sur les states de football. Nous avons travaillé avec Brighton & Hove Albion et nous avons développé une technologie pour connecter les fans dans les stades ou tout autre site avec une connexion restreinte. Notre concept a attiré l’attention de certains clubs de football, ce qui nous a poussé à démarrer une startup à l’université de Sussex.

Le processus a-t-il été difficile ?

Nous avons été plutôt chanceux au début. Brighton jouit d’un réseau de talents tech à la fois grand et soudé. C’est pour cette raison qu’on l’appelle parfois la Silicon Beach. Cela revenait presque à n’engager que les amis de nos amis et petit à petit nous avons commencé à nous développer naturellement.

Lorsque nous avons commencé à prendre des commandes, il y a eu une sorte de sentiment d’urgence, alors nous avons dû embaucher rapidement quelques personnes mais ça n’a pas fonctionné avec l’un de ces employés. Se séparer de l’un de ses employés était difficile mais maintenant je suis conscient de l’importance de l’intégration de tous les membres de l’équipe.

En quoi consiste votre rôle aujourd’hui ?

Au cours de cette dernière année, j’ai beaucoup fait attention à notre marge financière en prenant moins de risques. Je fais attention à ce qu’il se passerait si l’on devait se séparer d’un membre de notre équipe, je gère ce genre de choses. J’essaye de faire en sorte que l’on soit tous indispensables en rassemblant une équipe talentueuse qui s’entend et travaille bien ensemble.

Quels sont les avantages de votre métier ?

Je n’étais pas vraiment un grand fan de football au début mais j’ai eu l’opportunité de passer du temps avec de véritables fans et de découvrir ce qui se cache derrière cette passion. Un samedi en hiver, on m’a déposé devant la porte d’un inconnu à Peaceheaven, à l’extérieur de Brighton, et j’ai rencontré un père et son fils qui se préparaient pour aller à un match. On a pris deux bus pour se rendre au stade et j’ai partagé avec eux toute l’expérience.

J’adore Brighton et c’est un véritable avantage de tout simplement pouvoir se rendre au travail à pied et d’avoir des touristes l’été. On peut les emmener prendre une glace en bord de mer. Les bureaux de Regus à Brighton, avec leur vue imparable sur la baie, font également partie des avantages de mon métier.

Quels sont les éléments les plus importants dans un espace de travail selon vous ?

A la base, l’idéal était d’avoir un espace pour rencontrer d’autres collègues autour de la machine à café pour discuter et partager des idées. Mais maintenant, il est plus important d’utiliser un peu plus l’espace physique.

Je collectionne les vieux emballages de chewing-gums dont certains remontent aux années 1920 et au-delà, et ils vont être utilisés pour décorer le mur dans notre bureau. Je n’aurais jamais pensé que ces emballages feraient partie d’une collection précieuse pour notre entreprise, mais c’est vraiment un excellent souvenir sportif. De nombreux fans se souviennent affectueusement de ces emballages.

Jon Rimmer est le co-fondateur et directeur d’ InCrowd, installé dans les bureaux de Regus à Brighton au Royaume-Uni.

Trois conseils de Jon

  1. Eviter de prendre des décisions hâtives. Prenez le temps de bien réfléchir avant de prendre une décision.
  2. Passez plus de temps à résoudre vos problèmes actuels plutôt que de vous épuiser à cogiter sur des solutions en essayant de trouver un problème.
  3. Le recrutement ne consiste pas à trouver un ensemble de bonnes compétences, il s’agit plutôt de mettre la main sur les bonnes personnes. Entourez-vous d’une équipe dynamique et solidaire.